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Le monde occidental est unanime pour déclarer que l'industrie ne paie pas. Devant ce peu de rentabilité, autant confier ces basses et ingrates tâches de production peu valorisantes à des « pays sous-développés ». Voilà ce que pensent les gouvernants occidentaux dans leur grande majorité.
Ce comportement absurde de financiers abrutis par quelques succès d'escroquerie tendant à se généraliser, nous a amenés à abandonner en quelques décennies la majeure partie de notre fierté nationale, pour nous replier sur la commercialisation de notre savoir-faire. Ce dernier, à force de ne plus faire, ne peut d'ailleurs que fondre comme neige au soleil ! Ces dirigeants financiers n'ont qu'une idée en tête : supprimer les emplois. Ils considèrent cela normal puisque cela coute de l'argent ! Ils en profitent pour supprimer également les matières premières puisqu'elles sont si chères ! Par voie de conséquence, comme elles ne servent plus à rien, il finissent par supprimer les usines bien sûr ! Ils sont bien certains de pouvoir gagner de l'argent, simplement en brassant de l'argent. Certes, pour un temps, la supercherie de la génération monétaire spontanée peut fonctionner, mais la « crise » de ces dernières années prouve sans équivoque que ce système n'offre aucune pérennité et que l'argent ne peut se fabriquer seul ! Toute la mise est pariée sur la « croissance ». Mais comment envisager une croissance lorsque l'argent manque dans la poche des acheteurs les plus nombreux ! Qu'à cela ne tienne, on leur fera crédit. Un crédit sans limite !
Voilà comment en une ou deux dizaine d'année la croissance des pays occidentaux est tombée au plus bas. Voilà comment des pays comptant parmi les plus prospères de la planète se sont retrouvés relégués à l'arrière plan. Voilà comment en une ou deux dizaines d'années des pays ne rechignant pas devant le travail de production, et sachant ce que progresser veut dire, sont passés d'un état moyenâgeux à celui de seconde puissance mondiale ! Même le très productif Japon s'est laissé berner et dépasser. Son efficacité et sa richesse étaient pourtant inquiétantes pour le monde entier il y a seulement cinquante ans !

Quant à nous, nous continuons à sacrifier tout ce qui peut être productif et, mis à part quelques nantis trop bien « nourris » mais avides d'encore et toujours plus de richesses, nous regardons nos enfants pointer au chômage ou chercher un « stage » ou un « petit boulot » à la sortie de leurs trop longues et stériles études. Chose assez surprenante, ce sont les emplois nécessitant la main d'œuvre la moins qualifiée qui sont les premiers visés. Étant les moins coûteux, la logique aurait voulu que ces emplois « bon marché » subsistent pour que des économies plus rapidement opérées se fassent au détriment des postes les plus grassement payés ! Cette situation incite les plus compétents, les plus diplômés, à aller voir ailleurs si l'air y est plus favorable. Mais ce qui est également incompréhensible c'est que des regards jaloux se portent vers certains voisins immédiats qui, eux, ont toujours défendu leurs industries, leurs entreprises et l'apprentissage qui avec le compagnonnage en sont indissociables. Certains, et ils en sont récompensés, ont en effet compris que la productivité manuelle n'est pas la voie de l'échec comme le considèrent tant de nos concitoyens, influencés par les discours à la mode de ces nouveaux penseurs, financiers escrocs croyant pouvoir « fabriquer » les ressources virtuelles de nos nouvelles sociétés !
A quand le retour à la raison ?
A quand le respect du travail productif ?
A quand la conscience que trop de profits peut tuer ?
A quand la mise à bas du dictat des finances ?
A quand le travail pour tous, simplement ?
A quand le respect de l'entreprise et du savoir faire?
A quand le respect des travailleurs
et des véritables entrepreneurs ?