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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 23:16

La ville


La ville, dont il était question plus haut, n'est-elle pas un exemple type de cette "centralisation". Dans son principe, qui songerait un seul instant à contester son utilité, sa justification, son caractère indispensable ? Personne, bien sûr ! Surtout pas tous ceux qui, profitant du système, appuient leur pouvoir et leurs intérêts sur ce type d'organisation ! Enfin, ce qu'ils pensent être leur "pouvoir" et ce qu'ils croient être leurs "intérêts", car il semble que d'autres schémas puissent produire des résultats au moins comparables et probablement même plus rentables, tout en respectant mieux l'ensemble de l'humanité et son environnement.


Dans le cas de la ville, la démonstration de l'utilité de la centralisation est assez facile à décliner pour ceux que cela arrange. Mettre en commun, pour les rentabiliser, des infrastructures coûteuses est par exemple un avantage immédiat et facile à comprendre qui suffirait presque à lui seul à justifier la centralisation. Il convient toutefois de se poser la question de savoir si les avantages certains de cette centralisation contrebalancent réellement les inconvénients immanquablement produits par la concentration qui découle de cette centralisation.


Mais cette organisation centralisée est complètement aberrante puisque l'on centralise les moyens de production à des endroits différents de ceux où l'on centralise les ressources comme par exemple l'habitat de la main d'œuvre chargée de produire ! De même, on centralise des services loin des concentrations d'habitants ! Et quand le service se situe à proximité, il est rendu inaccessible par la saturation des voies de communication utilisées pour une circulation inutile ! Comment admettre que telle ou telle grande ville, qui abrite tant de commerces, de bureaux, de services et autres facilités, ne dispose plus de l'hébergement nécessaire ou accessible aux citoyens, travailleurs, enfants ou retraités, qui, de ce fait, doivent gaspiller de nombreuses heures dans des transports aléatoires, dispendieux et exténuants, qu'ils soient publics ou privés ? Quelle productivité peut-on attendre d'un salarié qui a passé des heures dans les embouteillages pour parvenir à son poste de travail ? Ce même salarié, qui ne pourra pas disposer des infrastructures avantageuses de cette centralisation puisqu'il n'est pas domicilié au cœur de la concentration mais rejeté sur sa périphérie ! Quel client trouvera son intérêt lorsque pour rendre visite à un commerçant il devra passer des heures dans des transports mal-pratiques tant pour aller que pour revenir ? Tout ceci, bien entendu, trouve son couronnement lorsque l'on mesure le gaspillage d'énergie et la pollution engendrée par des transports qui en ce début de 21ème siècle ne sont pas plus rapides (et même peut-être plus lents) qu'au début du 19 ème ! Bien des avantages sont ainsi payés le prix fort. 


Par hypothèse, on peut penser que nombre des problèmes, évoqués plus haut ou non, pourraient être atténués par une organisation différente. En quelques décennies il semble possible de passer d'une structure centralisée à une structure répartie. Dans ce type de disposition chaque espace de production, chaque surface commerciale, chaque système de services serait de dimensions limitées. Des espaces réservés à l'habitation seraient réservés en quantité correspondant au plus juste avec les besoins de main d'œuvre et les services. Ces espaces d'habitation seraient disposés à une courte distance des autres structures de manière à permettre un accès rapide fiable tant aux zones d'emploi qu'aux zones de services. Le fonctionnement d'un tel système ne peut être garanti que si l'on considère que la complétude des structures est assurée. Les déplacements des habitants seraient ainsi limités, tous leurs souhaits étant satisfaits sur-place. Le gain de productivité obtenu par les employeurs devrait être significatif par l'amélioration des conditions de vie personnelle des travailleurs. Les taux de l'emploi devrait se trouver lui aussi amélioré, conditionnant une sensation de bien être des citoyens.


Il ne s'agit pas, dans ce projet, de tout raser pour recommencer, mais de favoriser et promouvoir l'aménagement de l'existant et construire l'avenir dans un esprit différent de celui qui est principalement basé sur le centralisme. Comme il sera possible de le voir plus loin, nombre d'exemples ayant abouti à la réussite peuvent déjà être cités. Il suffit de s'en inspirer pour projeter les espaces de vie et d'activité qui replaceront nos villes trop centralisées d'aujourd'hui.

 

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Published by DonQuichutte - dans Technologie, siences
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commentaires

Tibicine 18/03/2010 14:06


Bonjour Donquichutte...Comme promis, je reviens lire tes articles sur lesquels je suis bien en retard...
J'habite près de la Défense ; c'est dire si c'est un exemple concrêt !
Comme tu le dis si bien, on ne peut pas changer ce qui a été fait. Mais on peut puiser dans notre passé pour y voir l'intelligence de l'implantation à l'époque des usines.
Au début du XX siècle, les entreprises industrielles construisaient des villes entières avec tous les commerces nécessaires pour garder ses ouvriers près d'elle. Ainsi, elle avait ses ouvriers à
disposition dans un parc loctatif, qui plus tard devenait en accès à la propriété. Je crois que c'est un modèle qui peut nous servir de référence pour redonner de l'intelligence à notre mode
d'implantation des entreprises.
Voilà pour cet article... Je continue ma visite....Et promis, je ne ferai plus de oops, mais je dirai zut!


DonQuichutte 18/03/2010 14:38


J'ai travaillé quelques années à l a Défense. J'y ai beaucoup appris sur l'abrutissement de l'homme par la foule !!!

Pour le Oops, je ne veux pas paraitre trop puriste mais je n'aime pas. Peut être à cause de l'invasion immodérée des feuilletons d'origine américaine... De plus, même en Anglais, cela ne veut
absolument rien dire !

A bientôt...


H2O 01/03/2010 22:32


Une grande ville et le désert autour, c'est notre territoire...


trublion 23/02/2010 16:42


ce serait un peu de partager les mégapoles en petits bourgs, indépendants et interdépendants !
Si dans le monde on avait appliqué cette méthode, peut être les réserves d' or noir ne poseraient pas question !
Mais surement par contre, le stress ne serait pas la maladie du siècle
bonne journée


DonQuichutte 23/02/2010 18:41


C'est exactement l'idée que je tente de suggérer dans ce chapitre. J'aime beaucoup ta présentation de la partition de mégapoles en petits bourgs. Lorsque l'on visite Paris, c'est ce que l'on
ressent quand on passe quelques heures dans le quartier de Belleville, enfin il y a quelques années...

A bientôt...


Chantal 23/02/2010 10:21


la société actuelle n'a plus rien de la fourmilière d'antan
où l'on s'ignore même entre voisins de palier


DonQuichutte 23/02/2010 18:44



La concentration nuit parfois à la proximité ! C'est un paradoxe difficile à comprendre mais très réel... J'ai vécu quelques années dans un grand immeuble et, effectivement, mis à par les voisins
immédiats, je ne connaissais absolument personne ! En revanche dans ma petite ville, je connais de nombreux habitants et même ceux que je ne connais pas vraiment me saluent. C'est tout de même
plus humain !



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  • Passionné de technologie, amoureux de culture et défenseur de la francophonie...
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