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La ville, dont il était question plus haut, n'est-elle pas un exemple type de cette "centralisation". Dans son principe, qui songerait un seul instant à contester son utilité, sa justification, son caractère indispensable ? Personne, bien sûr ! Surtout pas tous ceux qui, profitant du système, appuient leur pouvoir et leurs intérêts sur ce type d'organisation ! Enfin, ce qu'ils pensent être leur "pouvoir" et ce qu'ils croient être leurs "intérêts", car il semble que d'autres schémas puissent produire des résultats au moins comparables et probablement même plus rentables, tout en respectant mieux l'ensemble de l'humanité et son environnement.
Dans le cas de la ville, la démonstration de l'utilité de la centralisation est assez facile à décliner pour
ceux que cela arrange. Mettre en commun, pour les rentabiliser, des infrastructures coûteuses est par exemple un avantage immédiat et facile à comprendre qui suffirait presque à lui seul à
justifier la centralisation. Il convient toutefois de se poser la question de savoir si les avantages certains de cette centralisation contrebalancent réellement les inconvénients immanquablement
produits par la concentration qui découle de cette centralisation.
Mais cette organisation centralisée est complètement aberrante puisque l'on centralise les moyens de production à des endroits différents de ceux où l'on centralise les ressources comme par exemple l'habitat de la main d'œuvre chargée de produire ! De même, on centralise des services loin des concentrations d'habitants ! Et quand le service se situe à proximité, il est rendu inaccessible par la saturation des voies de communication utilisées pour une circulation inutile ! Comment admettre que telle ou telle grande ville, qui abrite tant de commerces, de bureaux, de services et autres facilités, ne dispose plus de l'hébergement nécessaire ou accessible aux citoyens, travailleurs, enfants ou retraités, qui, de ce fait, doivent gaspiller de nombreuses heures dans des transports aléatoires, dispendieux et exténuants, qu'ils soient publics ou privés ? Quelle productivité peut-on attendre d'un salarié qui a passé des heures dans les embouteillages pour parvenir à son poste de travail ? Ce même salarié, qui ne pourra pas disposer des infrastructures avantageuses de cette centralisation puisqu'il n'est pas domicilié au cœur de la concentration mais rejeté sur sa périphérie ! Quel client trouvera son intérêt lorsque pour rendre visite à un commerçant il devra passer des heures dans des transports mal-pratiques tant pour aller que pour revenir ? Tout ceci, bien entendu, trouve son couronnement lorsque l'on mesure le gaspillage d'énergie et la pollution engendrée par des transports qui en ce début de 21ème siècle ne sont pas plus rapides (et même peut-être plus lents) qu'au début du 19 ème ! Bien des avantages sont ainsi payés le prix fort.
Par hypothèse, on peut penser que nombre des problèmes, évoqués plus haut ou non, pourraient être atténués par une organisation différente. En quelques décennies il semble possible de passer d'une structure centralisée à une structure répartie. Dans ce type de disposition chaque espace de production, chaque surface commerciale, chaque système de services serait de dimensions limitées. Des espaces réservés à l'habitation seraient réservés en quantité correspondant au plus juste avec les besoins de main d'œuvre et les services. Ces espaces d'habitation seraient disposés à une courte distance des autres structures de manière à permettre un accès rapide fiable tant aux zones d'emploi qu'aux zones de services. Le fonctionnement d'un tel système ne peut être garanti que si l'on considère que la complétude des structures est assurée. Les déplacements des habitants seraient ainsi limités, tous leurs souhaits étant satisfaits sur-place. Le gain de productivité obtenu par les employeurs devrait être significatif par l'amélioration des conditions de vie personnelle des travailleurs. Les taux de l'emploi devrait se trouver lui aussi amélioré, conditionnant une sensation de bien être des citoyens.
Il ne s'agit pas, dans ce projet, de tout raser pour recommencer, mais de favoriser et promouvoir l'aménagement de l'existant et construire l'avenir dans un esprit différent de celui qui est principalement basé sur le centralisme. Comme il sera possible de le voir plus loin, nombre d'exemples ayant abouti à la réussite peuvent déjà être cités. Il suffit de s'en inspirer pour projeter les espaces de vie et d'activité qui replaceront nos villes trop centralisées d'aujourd'hui.