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Dans la course à la centralisation, les architectes commencent à comprendre l'erreur qu'ils ont communément commise depuis des décennies en construisant de grands ensembles de logements, même si ceux-ci étaient souvent équipés de services qui auraient dû permettre une certaine autonomie.
Dans ces immenses cités, la sensation de "ghetto" domine, quelque soit le niveau du confort proposé. De ce sentiment découle un ensemble de comportements absolument logiques et prévisibles. L'émergence de l'impression "d'apartheid" s'empare alors des habitants qui se persuadent que hors de leurs enceinte la vie est probablement bien plus avantageuse qu'au dedans. Ils se sentent alors parqués, ignorés, brimés, exploités par le reste du monde et s'organisent en conséquence !
Un autre problème de cette concentration d'habitations est l'emploi. Comment disposer d'une offre d'emplois à la mesure de la main d'œuvre ainsi centralisée ? La centralisation de l'habitat ne permettant pas l'installation de structures permettant l'emploi des habitants, ceux qui voudront résoudre l'équation devront recourir aux transports pour passer de la concentration de l'habitat à la centralisation de l'emploi. Et les voies de communication sont saturées d'habitants en quête de quelque emploi pour survivre.
Dans ce domaine également, on évoque souvent l'économie d'échelle comme prétexte à la concentration. Cette économie vaut-elle vraiment tout ce qu'elle implique comme inconvénients ? Des citoyens (ou consommateurs, comme on préfèrera les nommer) seront bien mieux disposés pour faire fonctionner l'économie et la vie sociale, s'ils sont plus disponibles et détendus. Certains prétendent que le stress peut être un bon catalyseur permettant de doper la productivité. C'est probablement vrai, mais certainement dépendant de la nature même du stress. Celui qui est subi dans les transports ou produit par la promiscuité permanente depuis l'habitat en passant par le travail et allant jusqu'aux loisirs, ne permet surement pas le moindre progrès !
Les architectes et les urbanistes sont aujourd'hui de plus en plus réservés sur la justification du schéma impliquant la centralisation de l'habitat. Les dimensions des ensembles d'habitation ont été sérieusement revues à la baisse. Mais, ce qui n'est pas résolu, c'est la communication entre les zones d'habitation, les zones de services et les zones d'emploi. Ainsi, il est intéressant de se poser la question de savoir quelle solution est la plus pertinente : Augmenter significativement les structures permettant le transport de masse depuis les concentrations d'habitations vers les concentrations d'activités ou répartir les habitants sur un canevas plus équilibré constitué d'équipements "hybrides" composés d'habitat, de services et d'emploi ?
Aucun logement ne devrait pouvoir être construit s'il n'existe pas l'emploi et les services nécessaires dans un rayon de 5 Km. Tout comme aucune industrie de devrait pouvoir s'installer si le logement de ses employés n'est pas possible à distance raisonnable. Cette option suppose que ces structures, tant d'habitation que de services et d'emploi soient relativement petites et réparties sur tout le territoire.
Pour réussir, au terme "centralisation" on opposera "répartition".